F se présente à la « maison de passage » (ma maison à Kin) et nous partons CONCENTRÉ en poche. Il m’emmène au Grand Marché en ville comme R mais sûrement pas pour les mêmes raisons. Aujourd’hui c’est férié, anniversaire de la mort de Kabila père. Bref, les rues sont désertes, les voitures circulent peu, la ville est calme. Je trouve assez intéressant d’aller un jour férié dans un endroit qui habituellement est dense d’activités et de population. En effet, en arrivant, à pied d’ailleurs, je retrouve la même sensation qu’avec R à la fermeture du marché sauf qu’il est midi et qu’il n’y a effectivement personne. Il me parle du grand marché comme un endroit ou en effet, les gens s’accumulent, puis partent. Il semble sensible au fait que ce lieu a plusieurs vies, mais plutôt des occupants très différents en fonction du moment de la journée. La journée, ce lieu est un marché avec ce que cela implique de foule, d’habitants. La nuit cette aire, dépouillée de toute présence humaine, dans laquelle il ne reste que sa carcasse, les sheges s’approprient l’espace. Les sheges sont les enfants (plus ou moins grands) des rues de Kin, ils vivent où ils s’approprient l’endroit : cimetières marchés… Nous faisons des tours en rond, beaucoup, on s’imprègne, pour les dessins de mémoire. Le concentré, le dilaté, c’est un poumon, quelle respiration pour Kin ? il a choisi le mot CONCENTRE parce qu’il trouve que c’est symptomatique d’une ville comme Kin. Il me parle de Beach, là où j’étais avec S (et les militaires), en des mots assez proches, endroit de passage. Au milieu de ces charpentes, il me dit qu’il a l’impression d’être à l’intérieur alors que nous sommes en plein air. On essaie de percer, quelle est cette impression d’être à l’intérieur en étant à l’extérieur ? par quoi est elle fabriquée ? quelle sensation on éprouve ? une forme d’abri, quelque chose qui nous est familier, un endroit confiné. « j’aime bien vivre dans la cité, je me sens en sécurité, alors qu’ici en centre ville, quartier des affaires et ambassades, un jour comme aujourd’hui, je ne me sens pas chez moi, il n’y a personne. » Je lui demande pourquoi il a choisi de faire architecture d’intérieur : « pour reconstruire mon pays ». Quelques heures plus tard F me dira : « avec la nouvelle présidence, ils veulent reconstruire le pays, il faudrait déjà commencer par le construire. » je lui propose de faire les liens entre ce qu’on se raconte depuis ce matin et ce qu’il vient de me dire. Veut-il proposer des solutions ? à qui ? pourquoi ? et comment ? Je lui explique mon point de vue sur Kin depuis que je suis arrivée. Je remarque, que les espaces naissent par nécessité, besoins, qu’il n’existe pas forcément de structures ou d’infrastructures popur répondre à cette demande, ce qui crée l’immédiateté de kin, son urgence. On finira la discussion au bord de l’avenue 30 juin, énorme et presque disproportionnée, on s’assoit sous un parasol, avec un coca, plus qu’un abri. (G.T.)
Je suis parti au grand marché de Kinshasa (zando), tout le long de mon parcours j’ai fais un constat : quand on est dans le grand marché précisément sous le pavillon on a l’impression d’être dans un intérieur extérieur avec toutes ces bâches qui nous couvraient contre le soleil. Et cette impression de flux qu’on pouvait observer le matin et de reflux le soir ; l’ immensité d un monde dans un autre monde.Le sentier, le couloir,...pour moi exprime un parcours que l on fait d un point a un autre pour découvrir ou aboutir a qlq chose. Mais mon dispositif si j ai cherche a le placer dans un sentier c est pour aider le spectateur qui va le parcourir à réfléchir sur ce monde double. Pourquoi pas dans le désert, la montagne…seulement dans la foret, là est la question que bon nombre de gens vont se poser, précisément la foret équatoriale pcq elle a l air d un monde qui renferme un autre monde. Et c est seulement en marchant que le spectateur pourra avoir cette sensation d un monde dans un monde et y a pas mieux que marcher pour appréhender la situation. D un point de vue humain, je ne peux que dire c est tailler sa vie ou façonner son avenir. Le dispositif n est pas réservé à une catégorie de personne, mais à toute personne capable de réfléchir, bref au monde entier, et comme je l ai dis plus haut la meilleure façon de percevoir tout ces effets du dispositif n est autre que la marche donc j aurai des spectateurs actifs. Au fait si j ai placé mon dispositif le long du ptit sentie de l akdmi bordé des réverbères c est pcq normalement j devais le placer dans une foret ou y a bon nombre de sentiers pour un bon rendu. Disons que les réverbères ont servi d arbres, ainsi que les palmiers qui étaient tout autour. Mon dispositif je ne peux que le réaliser pendant la saison sèche, en occident pendant l été. A propos de matériaux la structure pourra un tout petit peu être modifiée en fonction de forets dans lesquelles on va se trouver, mais pas la bâche. Concernant le dimension du dispositif je ne peux que me referer a l ergonomie, 2,10m pour la hauteur du cadre de dispositif. Au moins 1,20m de largeur pcq étant donne qu une personne occupe a lui seul 0,60m et que y aura deux personne qui pourront se croiser dans le dispositif. Du point de vue du spectateur a l intérieur du dispositif, si le sentier est droit il aura aussi à voir un dispositif bien droit avec une perspective des cadres. De cote il ne verra que des silhouettes des arbres et tout ce qu l on trouve dans la foret. A l extérieur du dispositif nous savions tous quel effet on a quand on est dans une foret, pas assez de lumière, bref une pénombre. (F.T.)


