Voici la version 2 du petit texte écrit en décembre sur les "assemblages d’objets" dans mon travail.
Je l’ai un peu retouché selon les remarques faites en cours, il est à mettre en relation avec ma dernière publication.
C’est une note qui me permet en ce moment d’écrire plus précisément sur mes travaux.
Les objets sont souvent le point de départ de mes productions, lorsque j’ai des idées qui sont difficile à formuler, des éléments qui se croisent dans ma tête sans vraiment se rencontrer.
Parfois, il m’arrive alors de trouver des objets (des objets existants, des "ready-made" ? ) qui "incarnent" les idées en les rendant plus précises ; il y a le risque alors de figer ces idées, mais également la chance d’élargir le champ de réflexion par la prise en compte des symboliques multiples des objets.
Il m’arrive aussi d’utiliser plusieurs objets pour n’en former qu’un, qui sera peut-être un élément d’une oeuvre.
Un corset + des bottes + une perruque + une casquette + mon corps = Stella.
(ici le corps sera donc considéré comme un objet parmi d’autres)
Stella n’est pas l’oeuvre, Stella est un regroupement d’idées. Elle est un des éléments nombreux qui constituent l’oeuvre, un élément qui pourrait être l’image de la pensée. Disons qu’elle est l’une des composantes de la réflexion.
J’aime aller au bazar chinois, au sex-shop aussi. Ils contiennent les objets consommables par lesquels j’ai l’habitude de décrypter le monde, et qui sont souvent métaphoriques de mes pensées sur l’art.
Ces objets sont mes outils. Ils sont les images que je ne sais pas fabriquer, les matériaux identifiables auxquels je me raccroche pour avancer. Dans la vie, ils ont un sens propre, mais dans mon travail, je les additionne entre eux, et surtout aux mots, aux gestes, au corps, pour former un tout en mouvement qui sera oeuvre ou fragment d’oeuvre.
Voici donc la version d’origine :
Mes productions ne sont pas souvent des objets. Et pourtant, les objets sont souvent le point de départ de mes productions.
Il y a des idées qui ne sont pas formulées (elles sont sûrement formulables). Il y a des idées qui sont des images mentales, des éléments qui se bousculent dans ma tête sans vraiment se croiser. Et puis, un jour, il y a un (ou des) objet(s) qui regroupent ces bribes d’idées pour en faire quelque chose qui sera plus complet, et que je pourrai enfin m’efforcer de formuler.
Ces objets ont une symbolique forte, même cachée.
Ces objets ont parfois eux-même besoin de se regrouper pour n’en former qu’un, qui sera peut-être un élément de l’oeuvre. Un costume par exemple : un corset + des bottes + une perruque + une casquette + mon corps = Stella.
Stella n’est pas l’oeuvre.
Stella est un des éléments nombreux qui constituent l’oeuvre.
L’élément qui matérialise une ou plusieurs idées, l’élément qui pourrait être l’image de la pensée. L’une des composantes de la réflexion.
J’aime aller au bazar chinois, au sex-shop aussi. Ils contiennent ces objets consommables qui sont des décrypteurs du monde d’aujourd’hui. Qui sont aussi, parfois, métaphoriques de mes pensées sur l’art.
Ils sont mes outils de travail.
Ils sont les images que je ne sais pas fabriquer, les matériaux identifiables auxquels je me raccroche pour avancer.
Ils sont une façon d’incarner une chose mentale sans la figer.
Ils existent seuls, mais s’ajoutent entre eux, et surtout s’ajoutent aux mots, aux gestes, au corps, pour former un tout en mouvement -qui serait oeuvre ou fragment d’oeuvre.