Marine Brutti,
Elsa Macaret (aka Asle Teracam),
Oriane Amghar (aka OHA),
Eve Chabanon,
Dounia Beghdadi (aka Bellardi),
Valentine S(iboni)
et Audrey Gleizes (aka Beautiful Guest).
Nous avons décidé, plutôt que de créer une "oeuvre commune", d’organiser une exposition collective sur un thème presque indéfini.
Il y a eu beaucoup de doutes, de questions, de discordes. C’est pour cela qu’il était important que chacune offre son regard propre.
Car ce dont nous voulions parler était problématique, et nous voulions toutes en parler différemment.
Il s’agissait de se demander pourquoi être une femme artiste aujourd’hui pose toujours questionS, et pourquoi, même pour celles d’entre nous dont le travail n’aborde jamais ces questions, il était important/intéressant de se les poser.
Finalement, le thème s’est élargi, laissant place à des réflexions plus larges sur nos positionnements en tant qu’artistes.
Notes sur le paradoxe du pirate by Dounia : Ce que j’appelle le paradoxe du pirate, dans le titre de l’exposition, et le pirate auquel je fais référence dans la phrase notée au mur vient d’une petite histoire que j’ai lue enfant. Globalement, c’est l’histoire d’un pirate piégé dans un miroir, condamné à n’être que le reflet de lui même. Un jour il rencontre des marins qui savent comment lui rendre sa liberté. Ils refuseront pendant longtemps de lui révéler ce secret prétextant que cela le condamnerait pour toujours. Le pirate ne veut rien savoir et se sent prêt à tout surmonter pour être libre. Alors ils disent "tu dois accomplir une bonne action de façon désintéressée". Et il passe l’éternité à n’être que le reflet de lui-même.
Autre exemple : on gagne une place au paradis en étant honnête dans sa vie terrestre. Mais comment puis-je agir honnêtement, sincèrement, ET être motivée par l’obtention de la vie éternelle au paradis ? Dur à résoudre. Finalement, c’est une image qui décrit une impossibilité quand il y a un problème à résoudre qui se joue sur plusieurs plans. Dans ce cas de figure, à partir du moment ou tu formule une question, tu perds la possibilité de l’ignorer, et si tu ne peux pas y répondre, cette insolvable question demeure comme un écueil dans ta réflexion, en quelque sorte.
Nous avions pensé l’exposition en deux temps, ou deux espaces :
Le premier a été un trailer diffusé sur internet à voir ici.
Ce trailer a été un moyen de se "débloquer" à un moment où nous doutions de la pertinence de nos propos. Il fut une projection de ce que l’on pouvait attendre d’une exposition comme celle-ci, et l’occasion de "montrer tout ce qu’on ne voulait pas montrer le 17 décembre".
Il a été lancé environ une semaine avant l’expo-champi.
Seconde partie donc : jeudi 17 décembre 2009, devant l’auditorium de l’Esad.
Les productions, principalement vidéo et utilisant pour la plupart le texte, sont installées de façon à se répondre entre elles.
Pour plus de détails, je laisserai chacune compléter par un petit texte concernant son travail. En attendant, vous pouvez voir les photos.
Bellardi, « Je te baise », projection vidéo en boucle
Il s’agissait de ne pas répondre à la question que l’objet de cette exposition me posait. Il me semblait que fatalement, les questions, voire LA question, formulées plus ou moins vaguement mais intérieurement que je me pose concernant (aller, je l’écris) le genre féminin dans l’art, n’ont pas de réponse. Et je ne veux pas y répondre parce que je ne veux pas qu’elle m’intéresse. Une seule chose est sûre : quand je travaille, elle ne fait pas partie de mes préoccupations. Quand je regarde mon travail, c’est autre chose... Dans cette vidéo, "je te baise", le truc était de dialoguer avec ma question, en interne, illustrer le rapport conflictuel avec elle, la personnifier plutôt que de vouloir l’éliminer par quelque pirouette ou proposition alternative. Toujours cette histoire de paradoxe du pirate. [1]...
Asle Teracam, « Blue screen », vidéo sur moniteur, environ 5’ en boucle
Il y a un fond bleu, il y a une texte écrit en gros et en rouge. Ce texte est aussi un élément du fond. Il parle de l’idée qui disparaît au fur et à mesure que l’objet apparaît. Et vice-versa. Et aussi des mots, des phrases, de l’interchangeabilité de tout ça : idée/phrase/image/objet. Et puis on ne sait plus. Dessus, par-dessus, il y a un personnage reconnaissable qui s’appelle Stella. Elle s’exprime avec des sous-titres. Elle se déshabille, elle n’a pas de corps, elle disparaît elle aussi. Presque. Comme l’idée. Et puis elle revient en arrière. Et vice-versa.
Elsa M., « Stella et moi », série de 4 photos (travail en cours), 20x28 cm
On voit une série de photos, dont le modèle semble être le même. Pourtant, il s’agit de 4 personnes différentes. Seuls le costume et les conditions de prise de vue sont identiques. Ce travail, que je vais poursuivre, est un des développements de mon travail autour du personnage de Stella. Stella change de statut ; d’outil de performance, elle devient image. Ces photos ne sont pas autonomes pour l’instant, elles répondent à la vidéo "Blue screen" qui utilise ce même personnage. Les photos et la vidéo étaient placées en vis-à -vis lors de l’exposition.















